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Bonjour.
je voudrais de l'aide pour un développement construit sur un poème de Paul Verlaine "après trois ans" merci d'avance .


Sagot :

Bonjour,

Après trois ans de Paul Verlaine

 

"Après trois ans", poème de 1866, extrait du premier recueil "Poèmes saturnins" dont l'auteur est divisé en sections, qui cependant lient tous les poèmes entre eux ainsi qu'aux titres de chaque section, Mélancholia ou mélancolie fait partie de la première section. 
La description du jardin prend beaucoup de place dans ce poème, il paraît d'ailleurs comme "enchanté", puis, la promenade du poète est également omniprésente dans ce jardin. Nous notons également l'importance du temps qui passez ainsi que la nostalgie qui y règne. 

En effet, le jardin dans ce poème représente pour le poète un lieu calme, reposant, dans le vers 3 par l'adverbe "doucement", cet effet est bien mis en valeur. C'est dans un rythme harmonieux que nous découvrons le premier quatrain dont les vers sont décrits avec amplitude, montrant ainsi la pureté et la tendresse qui émanent de ce jardin. 

L'allitération en "p" du premier quatrain suggère les bruits de pas de la promenade du poète. Une promenade qu'il a d'ailleurs dû déjà faire, car dans le second quatrain, une forme de lassitude apparaît avec "rien n'a changé" soutenue par "j'ai tout revu". Le promeneur connaît chaque élément de ce jardin, comme nous pouvons le voir dans le dernier vers du premier tercet "chaque alouette qui va et vient m'est connue". La notion de lassitude est présente par une énumération des éléments qui composent le jardin et par l'adjectif "sempiternelle". L'habitude, quant à elle, est visible par la répétition de "comme avant" dans le premier tercet.

Avec les personnifications que Verlaine utilise tout au long de son poème, nous avons l'impression que la nature est vivante et qu'elle accompagne le poète dans sa promenade. Car il est seul dans ce jardin, mais nous pouvons imaginez que ce ne fut pas toujours le cas. En effet, une impression d'absence est présente dans le poème, les "chaises de rotin" sous la tonnelle sont vides, peut être furent-elles occupées par des proches du promeneur auparavant, une forte nostalgie est donc présente dans ce passage.
Il y a cependant de la présence humaine dans ce jardin. Dans le dernier vers du deuxième quatrain, il est question d'un "vieux [qui] tremble sa plainte sempiternelle", c'est la première évocation d'un humain, mais aussi de la tristesse. A la vue de ce "vieux" le poète est frappé par la réalité car avant cette évocation, le jardin était joyeux et heureux dans les souvenirs du poète. La nostalgie apparaît à ce moment-là dans le poème, comme si le vieux représentait le présent, triste et las de la vie.

La Velléda peut également être interprété comme une présence humaine. La majuscule est présente, ce qui surligne l'importance de cette statue aux yeux de Verlaine. Cette statue représente aussi le temps qui passe, et les ravages que celui-ci fait sur les œuvres humaines laissées à l'abandon. L’œuvre humaine est fragile, ce qui est renforcé par d'adjectif "grêle", placé dans un rejet qui montre une insistance. Cette statue s'est détériorée avec le temps ; "le plâtre s'écaille".

Tout au long du poème, le lecteur ne perçoit pas le temps qui passe avant l'évocation de cette statue qui vieillit. Le jardin semblait justement avoir échappé à l'emprise du temps. Il semblait respirer la vie et les souvenirs heureux, mais cette impression est brisée avec l'utilisation du mot "fade", qui marque une coupure dans cette description de ce jardin qu'on aurait dit comme "enchanté". La fin de ce poème est comme une chute. Le mot "fade" montre ici encore la mélancolie de ce poème. Fade qui signifie sans saveur, sans goût, a un caractère déprimant. Dans ce dernier vers de ce dernier tercet, ce mot est d'ailleurs un peu inattendu et inapproprié pour décrire le parfum du réséda, fleur très odorante, auquel il est associé.

Dans ce poème, Verlaine nous fait comprendre qu'il est en effet presque impossible pour lui de se détacher de ce lieu qui lui est si cher. Ce poème est très fortement frappé par la nostalgie des temps passés dans ce jardin, sûrement en compagnie d'êtres chers.